Analyse de substances

Si tu as des questions ou tu veux connaitre notre horaire, tu peux nous appeler ou nous envoyer un texto: 438-887-8338.

Pour faire une demande pour nos services, écrire à analyse@grip-prevention.ca

C’est quoi?

L’analyse de substances est un processus qui permet d’avoir plus d’informations sur une drogue. En général, c’est parce qu’une drogue a été achetée sur le marché non-réglementé et que la personne veut savoir si ce qu’elle a eu est bien ce qu’elle pense avant de la prendre. L’objectif des projets d’analyse de substances est de réduire les méfaits liés à la consommation de drogues et, par conséquent, d’éviter les surdoses. Nous croyons en l’autonomie des gens et respectons le fait que chaque personne prend ses propres décisions. Notre objectif est que la personne ait le plus d’informations possible afin que ses décisions soient les plus éclairées possibles.

Le GRIP a lancé son service mobile d'analyse de substances

Comment ça fonctionne ?

Le service est ouvert à toute personne qui consomme ou envisage de consommer des drogues et qui souhaite en savoir plus sur ce qu’elle a l’intention de consommer. Le service est gratuit, anonyme et confidentiel.  

Dans le cadre de notre service d’analyse, nous encourageons les participant.e.s à prendre part au processus de décision, au cours duquel nous choisissons les techniques d’analyse à utiliser.  

Pour obtenir les résultats les plus précis et exacts, il se peut qu’on doive écraser ou briser et mélanger l’échantillon des participant.e.s. Si jamais c’est un obstacle, nous sommes en mesure d’adapter notre service pour répondre à leurs besoins. Nous n’avons besoin que d’une petite quantité de l’échantillon, plus petite qu’une graine de tournesol! Nous travaillons avec les limites des participant.e.s en termes de quantité de substance qu’iel est prêt.e à perdre (aucune s’iel ne veut/peut pas!), et en termes de transformation de la substance aussi. 

En raison des limites de nos technologies, nous ne pouvons pas déterminer la pureté ou la puissance d’une substance, mais nous cherchons à en découvrir le plus possible sur sa composition.

L’ensemble du processus prend environ 15 à 30 minutes, et l’échantillon peut être rendu aux participant.e.s !

Si une personne ne veut pas récupérer son échantillon, ou l’oublie dans la camionnette, il est tout de suite détruit.

Où est-ce que ça se passe?

On opère notre service mobile d’analyse de substances sur l’île de Montréal. Plus précisément, nous opérons habituellement dans le quartier du Plateau Mont-Royal, près de la station de métro Mont-Royal. 

Nous opérons également notre service avec d’autres organisations partenaires, comme Plein Milieu, Refuge Hôtel-Dieu, Maison Benoît-Labre, Centre SIDA-Secours, et Spectre de Rue. 

Nous espérons que notre véhicule sera présent à certains festivals de musique à Montréal pendant l’été, et nous pouvons également amener le service d’analyse aux raves underground.

Pour connaitre où nous serons cette semaine, consulte notre calendrier.

SAS - Analyse de substances

Différentes technologies

Nous utilisons trois technologies pour analyser les drogues. Bien qu’elles soient puissantes et nous aident à obtenir des informations sur l’échantillon, nous ne sommes pas en mesure, pour le moment, de déterminer la pureté ou la puissance des substances. 

Voici une brève description de chaque technologie que nous utilisons :

  • Nous avons deux types de bandelettes, celles qui détectent le fentanyl et celles qui détectent les benzodiazépines. En gros, l’échantillon est dissous dans l’eau, puis la bandelette est plongée dedans. Les bandes sont interprétées comme étant positives (une ligne) ou négatives (deux lignes). 
  • Pour les bandelettes, seulement une petite quantité de l’échantillon est nécessaire (environ 1 mg pour les bandelettes de fentanyl et 2-3 mg pour les bandelettes de benzo). 
  • 1 mg est approximativement égal à un ou deux grains de sel.
  • Il est très important que l’échantillon soit homogénéisé autant que possible avant de prélever la petite quantité pour le test. 
  • L’échantillon est dissous dans l’eau mais le liquide peut être rendu à la personne utilisatrice du service si elle le souhaite.
  • Les réactifs colorimétriques sont différents produits chimiques qui réagissent avec des substances spécifiques et changent de couleur en fonction de la substance. Les couleurs sont comparées à un tableau de couleurs, qui indique les couleurs de réaction attendues pour certaines substances prévues. 
  • Chaque test nécessite environ 2 à 5 mg d’échantillon (quelques grains de sel). L’échantillon doit être broyé et homogénéisé. 
  • Les échantillons de papier peuvent être analysés : pour un réactif, il faut utiliser environ 1/8 d’un buvard. 
  • Lorsque le réactif est ajouté à l’échantillon, la substance est immédiatement détruite et ne peut être rendue à la personne utilisatrice du service.
  • Nous utilisons les réactifs colorimétriques de Test Kit Plus.
  • Le FT-IR est une machine portable qui utilise l’absorption de la lumière pour identifier un échantillon. En termes simples, chaque substance absorbe différemment la lumière infrarouge, et si le modèle d’absorption se trouve dans notre bibliothèque, nous pouvons identifier les composants d’un échantillon. 
  • Pour le FT-IR, nous avons besoin d’environ 10 mg d’un échantillon, ce qui correspond à la taille d’une graine de tournesol. L’échantillon doit être broyé et homogénéisé autant que possible. 
  • L’échantillon peut être rendu entièrement à la personne utilisatrice du service.
Analyse de substances à bord d'un véhicule mobile

Rapports d’analyse

Nous publions chaque deux mois des rapports sur les échantillons que nous avons analysés. Tu peux trouver ces rapports ici.

Questions fréquemment posées

Nous avons une exemption légale de Santé Canada qui nous permet de manipuler des substances contrôlées dans notre véhicule seulement. 

Nous n’offrons pas de service sur appel, mais tu peux consulter cette page et nos médias sociaux pour savoir où nous serons. Si l’heure ou le lieu ne te convient pas, tu peux également consulter un autre service d’analyse de substance à Montréal, situé près du métro Berri-UQAM, appelé Checkpoint

Oui, mais pour l’instant seulement si tu ne veux pas qu’on te le rende. Si tu es d’accord pour nous laisser une petite quantité d’échantillon qui sera détruite après les tests, nous pouvons analyser la substance en ton absence. Nous pouvons ensuite t’envoyer les résultats par courriel, par téléphone ou par SMS. 

Nous ne confisquons jamais une substance à qui que ce soit. Nous n’empêchons jamais quelqu’un de consommer une substance (et de toute façon, comment est-ce qu’on pourrait faire ça?). Nous croyons en l’autonomie personnelle et voulons aider les gens à réduire les risques en leur offrant de l’information basée sur les faits et exempte de jugements, répondre le plus possible à leurs questions, et leur offrir du matériel plus sécuritaire. On peut détruire sécuritairement la substance si c’est ce que la personne souhaite, mais jamais ça ne sera nous qui prendrons cette décision pour elle, à moins que la substance ait été oubliée dans le véhicule, dans quel cas on doit détruire systématiquement.

On utilise 3 technologies: le spectromètre infrarouge à transformée de Fourier (FT-IR), les réactifs colorimétriques et les bandelettes de détection de fentanyl et de benzodiazépines. Nous utilisons le spectromètre pour presque toutes les analyses, parce qu’il ne détruit pas la substance et qu’il permet d’obtenir des résultats plus précis. Cependant, avec le spectromètre, nous ne pouvons pas analyser tout ce qui est organique, comme les matières végétales ou les aliments, et tout ce qui est inférieur à 5% n’est pas détectable. C’est pourquoi nous utilisons également les bandelettes pour presque toutes les analyses. Elles peuvent nous permettre de détecter le fentanyl ou certaines benzodiazépines qui pourraient passer inaperçues sur le FT-IR. Nous utilisons plus rarement les réactifs colorimétriques, mais dans certains cas, ils nous permettent d’identifier le composant actif d’un échantillon.

On ne peut pas donner d’informations de pourcentages en fait, et en gardant en tête les limites de nos technologies, nous ne pouvons donner aucune information sur la pureté de la substance. Avec des technologies plus avancées comme le GC/LC-MS ou le qNMR, nous pourrions être en mesure de déterminer la pureté. Nous espérons que ces technologies seront dans l’avenir du GRIP. 

Nous avons des protocoles pour nous assurer que notre matériel et notre spectromètre sont en bon fonctionnement. Chaque fois que le spectromètre est utilisé, un test de performance est effectué sur la machine pour s’assurer qu’elle est en bon état de marche. Nous vérifions aussi régulièrement les réactifs colorimétriques avec des substances dont les réactions sont connues pour nous assurer qu’ils ne sont pas contaminés ou périmés. Nous ne vérifions pas les bandelettes de test, mais nous veillons à vérifier leur date de péremption et à les conserver dans de bonnes conditions.

Nous n’utilisons jamais les mots “bon” ou “mauvais” pour les drogues que nous analysons, car l’expérience de la substance dépend de très nombreux facteurs, par exemple la pureté de la substance. Dans notre service en général, nous voyons beaucoup d’échantillons où nous sommes seulement capables de détecter la substance attendue. Nous devons toujours garder à l’esprit que chacune de nos technologies a des limites. Ainsi, même si nous ne trouvons que la substance attendue, d’autres substances pourraient très bien être présentes.

 Nous ne pouvons pas le dire de manière concluante car nous ne pouvons pas donner la composition en pourcentage. Cependant, dans de nombreux cas, lorsque nous testons de la cocaïne, nous ne trouvons que de la cocaïne, ce qui ne signifie pas qu’elle est pure, car nous ne pouvons pas détecter ce qui est inférieur à 5% avec le FT-IR.

Vous pouvez consulter tous nos rapports d’analyse sur notre site web à ce lien.

Nous ne voyons pas beaucoup de pilules pressées de MDMA, les pilules les plus fréquentes que nous voyons sont des pilules de speed. La plupart du temps, nous trouvons dans ces pilules de la méthamphétamine, ainsi que d’autres agents de coupe et de remplissage. Ceux-ci sont tous répertoriés dans nos rapports d’analyse.

Un résultat qui n’était vraiment pas souhaité par la personne qui est venue dans notre service, était une pilule qui était censée être du speed, mais qui ne contenait que de la caféine. Ça c’est poche pour la personne!

En ce qui concerne les “composants dangereux” des substances, oui nous avons trouvé dans quelques rares cas, une composante inattendue dans un échantillon qui pourrait causer une surdose chez quelqu’un qui n’a pas de tolérance. Cependant, dans la plupart des substances que nous analysons, nous trouvons la substance attendue, ainsi que des agents de coupe actifs et/ou inactifs.

En général, nous n’aimons pas utiliser le mot “dangereux” car il ne tient pas compte du risque lié aux drogues elles-même qui est attendu dans la substance. 

Dans l’absolu, toute consommation est dangereuse, y compris l’alcool et les médicaments sur ordonnance (et les mélanges de médicaments sur ordonnance et de médicaments en vente libre, d’ailleurs). Nous voulons réduire les risques autant que possible et nous recommandons des stratégies pour y parvenir avec la substance attendue. La plupart du temps, les résultats ne nous surprennent pas, mais dans de rares cas, nous avons trouvé des cathinones (” sels de bain “) au lieu de la MDMA attendue, ou un opioïde synthétique puissant (isotonitazène) dans une pilule qui était censée être autre chose (tous nos rapports sont sur notre site Web).

Parce que notre service est 100% légal, les personnes qui utilisent notre service sont légalement protégées lorsqu’elles sont dans la van. Cependant, elles ne sont pas protégées lors de leurs trajets vers et depuis la van. Nous recommandons aux personnes qui veulent venir utiliser notre service de ne porter sur elles qu’une petite quantité de la substance (environ la taille d’une graine de tournesol). 

Est-il possible qu’une personne soit arrêtée après avoir été vue sortant du van? Oui c’est possible. À date, on a jasé avec plusieurs corps policiers et leur réaction a été positive, iels avaient l’air content.e.s qu’on existe, et il n’y a pas eu de résistance quand on leur a demandé qu’on aille discuter plus loin et qu’iels ne s’approchent pas du véhicule. 

On a aussi averti les postes du Plateau (notre bureau est sur le Plateau) et nous avons un accord informel selon lequel ils ne doivent pas se garer à proximité ou tourner autour de notre van. Ca a été respecté à date, et on espère que ça reste de même. 

Nous devons également mentionner que les sites de consommation supervisée (SCS) de Montréal nous ont ouvert la voie en termes de légalité et de rapport avec la police. Les SCS ont vraiment contribué à changer l’état d’esprit de la santé publique et de la police vers le réduction des méfaits. Nous pensons donc que la plupart des policier.e.s à Montréal sont informé.e.s des pratiques de réduction des méfaits et des raisons pour lesquelles leur présence ne donne pas forcément envie aux gens d’analyser leurs substances. 

Nous répondrons à cette question en plusieurs parties. Pour commencer, lorsqu’on parle de “drogue du viol”, on fait généralement référence au GHB. Nous devons garder à l’esprit qu’il existe de nombreuses autres substances qui peuvent être ajoutées à une boisson et qui pourraient être utilisées à cette fin. Ainsi, même si nous testions une boisson alcoolisée et ne trouvions pas de GHB, nous ne pourrions pas dire que la boisson n’a pas été droguée. Nous essayons d’éviter de donner un faux sentiment de sécurité, un résultat négatif ne signifie pas nécessairement qu’il n’y a rien d’autre dans le verre. Aussi, n’oublions pas que la drogue la plus fréquemment impliquée dans des situations de violences à caractère sexuel, c’est l’alcool.

Maintenant, pour parler de si oui ou non nous pouvons détecter le GHB. Oui, nous sommes capables de détecter le GHB mais seulement dans certains cas. Tout d’abord, le GHB ne doit pas être trop dilué dans l’eau. Cela signifie que si quelques gouttes de GHB sont mises dans une boisson, nous ne serons pas nécessairement en mesure de le détecter. C’est une limite pour toutes les substances, si elles sont trop diluées dans l’eau nous ne pourrons pas les détecter sur le FT-IR. 

Voilà, nous ne pouvons pas nécessairement détecter le GHB dans une boisson, même s’il est en concentration suffisamment élevée pour avoir un effet. Malheureusement, les conseils qu’on peut donner sont souvent centrées sur la personne qui boit, c’est dommage. Donc en premier lieu, on dirait ‘’ne mettez pas de substances dans les boissons des gens à leur insu’’, c’est une première étape. Mais sinon, les stratégies que nous recommandons pour diminuer les risques sont : ne pas laisser son verre à découvert sans surveillance, essayer de rester en groupe, avoir ses contacts d’urgence sur soi en tout temps, s’assurer qu’au moins une personne sait où on est et pour combien de temps.

Pour l’instant, nous ne connaissons aucun laboratoire au Québec qui accepte des échantillons de drogue du public pour des analyses approfondies. Cependant, il existe un service d’analyse de substances à Toronto qui accepte les échantillons en personne et qui utilise des technologies plus avancées. Il existe également 2 services d’envoi par la poste: au Canada, c’est Get Your Drugs Tested, et aux États-Unis c’est www.drugsdata.org.

Nous sommes une organisation à but non lucratif depuis 25 ans, ça fait seulement depuis octobre 2021 que notre service d’analyse est ouvert. Nous avons plusieurs sources de financement, mais la plus importante est le financement gouvernemental, provenant de diverses stratégies telles que la prévention des surdoses. Nous avons également des fonds pour des projets spécifiques, comme la prévention des violences en milieux festifs et le service d’analyse des substances. Une partie de notre financement provient également des événements pour lesquels nous proposons nos services, des formations que nous donnons, ainsi que des cartes et affiches de prévention que nous vendons sur notre site web.

Notre groupe est composé de personnes ayant des formations assez diverses, comme la sexologie, la chimie, le théâtre et la psychologie. Nous avons tous.tes une expérience de l’intervention en milieu festif et on se tient informé.e.s afin de rester à la pointe de la technologie et de nos compétences d’intervention !

Nous envoyons des rapports mensuels à la santé publique, mais nous ne recueillons jamais d’informations qui pourraient permettre d’identifier une personne, et donc aucune information d’identification n’est jamais envoyée à la santé publique ou à quiconque.

Pour devenir bénévole au GRIP, vous trouverez les informations en cliquant sur ce lien, et pour être en contact avec la coordination du service d’analyse de substances, envoyez un courriel à Roxanne au analyse@grip-prevention.ca.